Gigondas, poem
10.01.2009 - They wrote
Paul de Lagarde, le 19 Septembre 1995
Gigondas
L'Olivier, des ceps un ami fidèle,
A reculé, traqué par le froid.
Il reste pourtant, claire sentinelle
Du grand astre, jaloux de ses droits.
Droits dont la Vigne, une heureuse compagne
Peut ici largement profiter
Tant elle est à l'aise en cette campagne
Où l'azur rayonne tout l'été.
Au levant, dressées, de hautes collines.
Sur leurs flancs se blottit un vieux Bourg.
Plates en bas, là les vignes s'inclinent
En épousant vallons et pourtours.
Et sur les sommets de grands rochers blancs,
Comme ailleurs les neiges éternelles,
Dessinent au ciel un joli tympan :
De Montmirail les fines Dentelles.
Pour apprécier le parfum de la terre
De ce pays riche en horizons,
Le "Gigondas" nous livre ses mystères
Sur un civet bien au diapason.
Aux arômes fins, c'est un vin de garde,
Coloré, charpenté, généreux.
En bouche un grand chant qui longtemps s'attarde
Comble nos coeurs et nous rend heureux.
Grenache, Syrah, Mourvèdre, Cinsault...
Cépages variés emplissant les cuves,
Pendant de longs jours impriment leurs sceaux :
Un vrai fumet de bonnes effluves.
Puis, deux années en fûts ventrus et alignés
Dans des caves choyées, parfois enchanteresses,
Il mûrit, s'épanouit, parfaitement soigné,
Le vin de Gigondas, le Vin de l'allégresse.


