Vendanges 2020

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Millésime précoce s’il en est, petit rendement et nuits fraîches : retour sur les particularités du millésime 2020.

De même qu’en 2018, l’automne 2019 a été bien arrosé. Les mois d’octobre et de novembre ont cumulé 380mm de pluies (contre 150mm habituellement) et ont permis une recharge hydrique des sols importante. Par la suite, l’hiver s’est avéré doux et sec et nous avons observé un débourrement précoce des bourgeons dès la fin du mois de mars. Une courte période de froid est survenue juste après, avec des gelées matinales. L’effet cumulé de la sécheresse estivale de 2019, d’un début de printemps sec et d’un coup de froid au moment du débourrement, a occasionné une faible sortie de grappes dans nos coteaux de Gigondas.

Un été 2020 avec une belle amplitude entre les températures chaudes la journée et plus fraîches la nuit. Cet écart de températures est particulièrement important pour la maturation des raisins et la synthétisation des composés phénoliques dans les baies.

Les mois d’avril et mai ont reçu une pluviométrie proche des normales, mais avec des températures plus chaudes, ce qui a accéléré la croissance végétative des vignes et nous a amenés à être particulièrement vigilants face au mildiou. Une météo très favorable, chaude et sèche, s’est ensuite installée et le vignoble est resté très sain pour le reste de la saison.

 

La floraison s’est passée dans de bonnes conditions fin mai / début juin, avec un bon taux de nouaison (transformation de la fleur en fruit), ce qui est plutôt notable pour le Grenache, cépage roi de Gigondas, souvent sensible à la coulure.

 

Les deux mois d’été sont restés très chauds, avec des maximales toujours au-dessus de 30°C mais sans pic de chaleur et avec des nuits relativement fraîches. Cette amplitude entre les températures chaudes la journée et plus fraîches la nuit, qui a eu tendance à s’accentuer en fin de saison, est particulièrement importante pour la maturation des raisins et la synthèse des composés phénoliques dans les baies, comme les anthocyanes.

 

Quelques pluies orageuses sont tombées dans la région au mois d’août, mais de manière très inégale, et très peu à Gigondas. Des signes de stress hydrique ont été observés dans les parcelles en plaine mais aucun à Romane. Grâce aux nuits estivales fraîches et à l’argile présent dans nos sols qui retient bien l’eau, la maturation des raisins s’est poursuivie sans soucis.

26 mm de pluies sont tombés dans la nuit du 28 au 29 août, très bénéfiques pour les vignes et pour atteindre de bonnes maturités.

Avec un début de saison précoce et une suite sans encombre, on note en moyenne une semaine d’avance par rapport à l’année dernière.

Avec un début de saison précoce et une suite sans encombre, on compte en moyenne une semaine d’avance par rapport à l’année dernière :

En 2018, nous avions débuté la récolte des Syrah le 19 septembre, en 2019 c’était le 16 septembre et cette année, les premières Syrah ont été vendangées le 8 septembre.

Cela confirme la tendance vers des vendanges de plus en plus précoces observée ces dernières années…

 

Une faible pluie le 9 septembre est venue parfaire l’équilibre des différents composés dans les baies et les premiers Grenache sont venus compléter les cuvaisons à partir du 11 septembre.

Nous avons ensuite pu attendre le 14 septembre pour récolter les Clairette blanches de Romane, alors qu’en plaine la plupart des cépages blancs avait été vendangés fin août, confirmant ainsi l’intérêt pour ce cépage dans nos terroirs d’altitude. Les vieilles vignes de Grenache pour le Gigondas le Pas de l’Aigle et les Mourvèdre pour la cuvée Domaine Grand Romane ont été vendangés après le 20 septembre.

 

Cave remontage
Remontage à l'air des premiers jus

Même si la taille moyenne des baies reste petite, leur composition phénolique semble prometteuse, grâce à une arrière-saison chaude et pluvieuse, et même si les acidités restent tout de même très faibles (caractéristique d’un été chaud et sec).
 

Le millésime 2020 s’annonce qualitatif, avec un beau potentiel et des couleurs bien présentes, et à ce jour nous fait penser au millésime 2017. Les premières fermentations se passent bien ce qui nous permet de travailler les jus tranquillement. La dégustation nous révèle des jus concentrés et mûrs, sur le fruit, avec des tanins gras et bien enrobés. Nous ne prévoyons pas de cuvaison longue pour éviter de durcir les vins, et éviter une extraction trop importante. Rendez-vous dans quelques mois pour les redécouvrir suite à l’élevage.

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